Cours d’écriture littéraire et styles littéraires

Cours 2 - 24 février 2006 : Le roman de fantastique/science-fiction et la littérature jeunesse

Quelques règles et suggestions

Le roman de fantastique/science-fiction

  • Même avec la SF ou le fantastique, il y a des règles
    • Il doit y avoir une forme de réalisme et de cohérence (époque, lieu, etc.)
    • En science-fiction, évidemment, il faut se fier beaucoup à la science. Si votre intrigue parle de clonage, il faut vous renseigner un peu sur cette réalité. Une fois que vous avez votre base, vous pouvez imaginer et créer.
    • En fantastique, lisez un peu ce qui se fait. Dans un contexte merveilleux, on s’attend souvent à voir un contexte vaguement historique entouré de magie. Il est évident que si vous rentrez des extra-terrestres là-dedans, ça risque d’être peu « réaliste ».

  • Créer un univers entier
    Dans ces contextes, vous allez souvent vous retrouver avec un monde entier, souvent très imaginaire. Il vous faut donc créer, souvent à partir de zéro.
    Rappelez-vous, dans ces cas, qu’un tel monde possède plusieurs aspects, tout comme le nôtre. Si vous décidez de tout inventer, n’oubliez rien. Plus vous inventerez des choses sur des facettes différentes, plus votre imaginaire sera fertile et rempli. Plus votre monde imaginaire sera complexe, plus ce sera intéressant.
    Aide-mémoire : sociologique, politique, géographique, architectural, artistique, religieuse, technologique, vestimentaire, faune, flore, etc.
     
  • User de son imagination
    Dans tous les cas, que ce soit pour l’intrigue, les personnages, l’univers et toutes ses créations, usez de votre imagination! Il est parfois difficile de créer des choses, mais il ne faut pas trop se mettre de limite. Essayer de dépasser les autres avant vous, d’intégrer des notions auxquelles les autres n’ont pas pensé
     
  • Fantasy vs. fantastique
    Il y a deux types de fantastique : la fantasy et le fantastique. La fantasy est en quelque sorte, le merveilleux. Tout se passe dans un monde entièrement imaginaire, généralement peuplé de créatures merveilleuses et de chevaliers et imprégné de magie. Dans ce contexte, le surnaturel est accepté et justifié.
    Le fantastique, quant à lui, est un genre racontant l’intrusion du surnaturel dans un cadre réaliste, autrement dit l’apparition de faits inexpliqués et théoriquement inexplicables dans un contexte connu du lecteur. Selon le théoricien Tzvetan Todorov, le fantastique ne serait présent que dans l’hésitation entre l’acceptation du surnaturel en tant que tel et une tentative d’explication rationnelle.
    Le héros a presque systématiquement une réaction de refus des faits surnaturels qui surviennent. Cette réaction de refus peut être mêlée de doute, de rejet et/ou de peur. Le fantastique est très souvent lié à une atmosphère particulière, une sorte de crispation due à la rencontre de l’impossible. La peur est souvent présente, néanmoins, ce n’est pas une condition sine qua non du fantastique. La définition de l’horreur entre souvent dans cette définition du fantastique.
     
  • Qu’est-ce que la science-fiction ?
    La science-fiction est un genre qui vise à essayer d’imaginer ce que pourrait être le futur et/ou les univers inconnus (planètes éloignées, etc.), en partant des connaissances actuelles (scientifiques, technologiques, ethnologiques, etc.).  Les œuvres sont spéculatives ou hypothétiques, basées sur des « et si » (et si on pouvait voyager dans le temps ?). La science-fiction met en scène des univers où se déroulent des faits impossibles en l’état actuel de la civilisation, des techniques ou de la science. Avec les années, il s’est développé plusieurs sous-genres :
    • la hard science-fiction (science dure) : comporte des fictions « prétextes » à de la vulgarisation scientifique ou à des conjectures adhérant de manière rigoureuse aux connaissances scientifiques actuelles
    • les uchronies (On utilise parfois l’expression d’histoire alternative) : qu’est-ce qui se serait passé si un élément du passé avait été différent ? (ex : — élément : et si le nazisme avait triomphé est l’un des thèmes préférés — Philip K. Dick, Le Maître du Haut Château, Stephen Baxter, Les Vaisseaux du temps — et si Kennedy avait survécu ? — Stephen Baxter, Voyage)
    • le cyberpunk, branché sur les réseaux. Bien souvent, on y trouve un conflit des thématiques du hacker, de l’intelligence artificielle et des multinationales se déroulant la plupart du temps dans un futur proche sur Terre. Il constitue fréquemment une vision plutôt pessimiste de notre avenir. Le genre a souvent une approche dénonciatrice à l’encontre de l’industrie et des gouvernements et est fréquemment associée aux courants politiques révolutionnaires de gauche. Quelques précurseurs : Philip K. Dick, Samuel Delany
    • le space opera. Se déroule généralement à une échelle interplanétaire, ce qui à pour effet de magnifier les enjeux des thématiques abordées par le récit (avenir de l’espèce humaine, rencontres avec des espèces extraterrestres, enjeux politiques, conflits entre des entités à l’échelle galactique, écologie, etc.) — Ex : Asimov, Fondation, Dan Simmons, le cycle d’Hypérion, Frank Herbert, le cycle de Dune
    • le planet opera. Sensiblement la même chose que la précédent, à la différence près que l’intrigue se déroule, lui, sur une planète autre que la Terre ; il a généralement pour thème l’exploration et la découverte de cette planète (faune, flore, ressources)
    • policier/science-fiction. Intrigue policière dans un des contextes précédents.

La littérature jeunesse

  • Bien cibler l’âge et le créneau
    • Album et bébés livres : intrigue et langage très simples, très concrets. Pour les tout-petits, il vaut mieux éviter les concepts trop abstraits. Il faut être près d’eux, de leurs préoccupations, être dans le terre-à-terre.
    • Miniromans, de 6-9 ans, de 9-12 ans : assez d’actions (surtout pour les lecteurs débutants), on peut avoir un certain niveau de complexité dans l’intrigue et dans l’imaginaire également. Mais il faut encore se censurer un peu, par moment. Certains thèmes demeurent encore très délicats, la sexualité, entre autres. On peut l’aborder, mais il faut être très prudent.
    • Roman pour ados : ici, on peut parler de seuil psychologique. Les jeunes peuvent lire des livres d’adultes. Les intrigues et le langage peuvent être plus directs, voire plus même crus. Les jeunes ne veulent pas de livres « bébés ».
  • Adapter le langage, l’intrigue et le traitement selon le lectorat (très important)

Suggestion de lecture

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