Cours 4 — 24 mars 2006 : Le roman policier (ou polar, thriller, roman à suspense, roman d’espionnage)
Quelques règles et suggestions
Le crime
- Première règle de base : le crime. Bien sûr, les genres sont divers.
- Meurtre
- Agression physique ou sexuelle
- Vol, cambriolage, incendie criminel
- Espionnage ou trahison
- Enlèvement ou prise d’otage
- Crime économique, des affaires ou institutionnel, complot, fraude
- Deuxième règle de base : le mystère. Il faut que certains éléments de l’intrigue, pour garder l’intérêt du lecteur, demeurent mystérieux. Sur quoi le mystère peut-il porter?
- Le responsable du crime
- Le motif du crime
- Les circonstances du crime (lieu, moment, outil utilisé)
- Comment le ou les coupables vont-ils être démasqués et punis?
La résolution du crime doit intéresser. Souvent, les
crimes « crapuleux » ont plus la cote. Mais on n’est pas obligés de
s’en tenir à ça. Si on parle d’un vol, par exemple, il ne faut pas que ce soit
un simple cambriolage. L’objet dérobé doit être important. Si on parle de crime
des affaires, il faut rendre cela passionnant. Les implications d’un tel forfait
doivent être graves.
Les preuves et indices, les montrer et les dissimuler en même temps
Ce qui va permettre à la
vérité d’être dévoilée, ce sont évidemment les indices et les preuves. Comment
s’en servir? Le but est d’en montrer, mais pas trop.
C’est un peu comme le Petit Poucet. On sème les
preuves comme des cailloux. Chacune d’elle, séparément, ne mène pas à la
solution, mais mène à un prochain caillou. C’est la chaîne qui amènera la clé.
- Les indices doivent être révélés à un certain rythme. Pas trop vite, pour ne pas trop en montrer. Pas trop lentement, pour ne pas ennuyer le lecteur.
- Il n’est pas nécessaire que la preuve soit évidente et saute aux yeux du lecteur. Elle peut être cachée parmi de nombreux faits, parfois inutiles, ou même être déguisée. Elle peut être très subtile.
- Parfois, le lecteur peut savoir qu’il a un indice devant lui, mais sans savoir quoi faire avec.
- Les indices peuvent aussi apporter leur lot de nouvelles questions à résoudre.
- Les types d’indices et de preuves
- Scientifiques (cheveux, empreintes digitales, chair sous les ongles de la victime, fiche dentaire, rapports balistiques, profil de tueur, etc.)
- Circonstancielles (il rôdait autour des lieux du crime)
- Indices « administratifs », papiers suspects, rapports louches
- Témoignages sur les proches ou ennemis potentiels de la victime
- Toutes sortes de faits divers se rapportant au passé de la victime
Un conseil : construisez votre intrigue à l’envers. Construisez d’abord le crime ainsi que le motif. Ensuite, pensez aux
indices, preuves, etc. que le crime pourrait laisser derrière et qui pourraient
mener le personnage sur la piste. Les indices doivent être pensés en fonction
du crime et non l’inverse.
Confondre le lecteur
Une chose amusante à faire, dans un roman à suspense,
c’est mélanger le lecteur. Comment?
- Créer des fausses pistes, des faux suspects, qui amènent le lecteur dans la mauvaise direction, ce sont souvent de bons moyens de conserver le suspense.
L’idéal, c’est que le lecteur ne sache plus où il en est. Qui sont les vrais coupables? Quels sont les vrais indices des faux? Comment
départager la bonne de la mauvaise information? Que le lecteur se pose des
questions.
- Parfois, saturer le lecteur de faits a le même effet que de ne pas lui en donner assez. Il n’arrive pas à trouver la vérité.
Manipuler le lecteur, le mener en barque, c’est souvent un bon moyen de le confondre. Il faut rendre la tâche difficile au lecteur, évitez qu’il découvre la vérité avant la fin. Par contre, il faut lui donner une chance. Si le lecteur sent qu’il n’a jamais eu la possibilité de trouver la clé, ça risque d’être frustrant.
Les péripéties
Comment le personnage va-t-il résoudre l’énigme de l’histoire? Quel genre d’obstacles rencontrera-t-il?
- D’abord, la difficulté à ramasser des preuves et à trouver la solution
- Le ou les coupables peuvent menacer le personnage de façon directe ou indirecte, lui mettre des bâtons dans les roues. Ajoute du danger et davantage de suspense.
- Obstacles juridiques peuvent nuire à une enquête
La conclusion : inattendue
Évidemment, l’idéal, c’est de ne dévoiler toute la vérité qu’à la fin, histoire de garder le lecteur. Gardez-vous une part de mystère pour la fin. Surprenez le lecteur en amenant un nouvel indice ou un aspect inusité de l’enquête.
Suggestion de lecture :
La trace de l’escargot, Benoît Bouthillier, Éditions JCL
La dame dans l’auto, Sébastien Japrisot, Folio
Un long dimanche de fiançailles, Sébastien Japrisot
Da Vinci Codeet Ange et démon, Dan Brown, JC Lattès
Patricia Cornwell, Mary Higgins Clark, Kathy Reichs, Agatha Christie
Prix littéraires à surveiller :
Prix Saint-Pacôme du roman policier
Prix Arthur Ellis
Prix Alibis (nouvelles)
Prix de la Rivière Ouelle de la nouvelle policière