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Cours d’écriture littéraire et styles littéraires
Cours 7 —12 mai 2006 : Trucs divers
Quelques règles et suggestions
Selon Yves Meynard, il y a quatre aspects (ou piliers) de l’écriture : l'intrigue, les personnages, les idées et le style. Parfois, un aspect fort peut compenser un autre plus faible. Ex : des personnages très attachants peuvent compenser une intrigue un peu ordinaire.
- Les personnages
-
Il est important d’avoir des personnages consistants et cohérents avec eux-mêmes. Un personnage ne peut être colérique à un moment et super zen à un autre. Du moins, pas sans bonne explication.
Vos personnages doivent, autant que possible, avoir une certaine complexité, ne pas être unidimensionnels. Plus ils sont complexes et consistants, plus ils sont intéressants.
Avant tout, les lecteurs doivent s’intéresser au sort des personnages, même s’ils ne les trouvent pas nécessairement sympathiques. Ils ne doivent pas laisser indifférents.
Vos personnages ne commencent pas à exister au début de votre histoire. Ils existaient déjà avant. Ils ont un passé, une enfance, des amis, des goûts, de la famille, etc. Il faut le sentir.
Évidemment, éviter les clichés. Ex : le scientifique « nerds », la pétasse blonde, le policier moustachu incompétent qui mange des beignes, le superhéros musclé, blond, bronzé, etc. Une bonne source pour trouver les clichés à éviter? Les films américains!
Éviter les personnages parfaits. Ça tombe sur les nerfs et on n’arrive pas à s’y identifier.
À titre de suggestion : liste de questions à répondre lorsque vous créez des personnages. Ça peut vous être utile.
- L’ambiance
- Bien entendu, il n’est pas nécessaire de créer une ambiance à toutes les deux pages. Mais, dans les moments cruciaux de votre histoire, il est bien de le faire. Ou, pour situer le contexte. L’ambiance sert à faire plonger le lecteur au cœur de l’histoire, de lui faire vivre les choses plutôt que de juste lui montrer. Il sert à provoquer des émotions chez le lecteur.
Si vous écrivez un polar ou un livre d’horreur, par exemple, créer une ambiance lugubre, sinistre ou juste inconfortable suffit à faire entrer le lecteur dans l’histoire. Pas nécessaire d’opter pour le château perché sur la falaise avec un orage plein d’éclairs, mais des fois, ça marche. Une maison abandonnée délabrée ou du sang sur le sol peut suffire aussi. Pour un livre historique, il est possible de créer une ambiance à saveur d’antan.
Un indice : utiliser plusieurs sens : vue, ouïe, odorat, toucher, goût et même les sentiments des personnages.
- Décrire les émotions
- Faire vivre plutôt que de montrer.
C’est un principe qui doit souvent s’appliquer quand on parle de sentiments.
Pour donner vie à vos personnages, il est important que ces derniers n’aient
pas juste un passé, mais aussi qu’ils ressentent les choses. Quand un drame
arrive, les personnages doivent en ressentir les effets. Sinon, ils semblent
désincarnés. Les émotions rendent vos personnages vivants.
Dans la mesure du possible, ne pas juste dire : il était triste. Il faut décrire comment le personnage ressent cette tristesse.
- Cohérence et réalisme
- Cette qualité est essentielle pour n’importe quel récit. Elle s’applique autant aux personnages, qu’à l’intrigue ou au contexte. Ex : un personnage de l’an 1700 doit agir en tant que tel. Un homme de cette époque qui aurait une vision
« féministe » serait plutôt irréaliste.
Il faut aussi porter attention au déroulement du temps. Le récit, surtout quand il n’est pas linéaire ou qu’il y a des actions simultanées, peut souffrir de confusion.
L’intrigue aussi doit être réaliste et son déroulement doit être cohérent. Vos informations, peu importe l’ordre dans lequel elles sont énoncées, doivent être vérifiées autant que possible.
- Le plan de l’intrigue
- Il n’est pas nécessaire de faire un plan avant d’écrire votre histoire. Mais l’auteur doit savoir où il s’en va quand il écrit. Il vaut mieux qu’il ait une idée, au moins approximative, de comment ça va finir. Le lecteur ne devrait pas savoir ce qui va arriver, l’auteur, oui.
L’intrigue doit aussi être captivante, ou suscite la curiosité et l’intérêt. Il vaut mieux aussi qu’elle soit crédible.
Évitez de sombrer dans le prévisible. Demandez-vous comment se déroulent et finissent les histoires du même genre. Ex : la fille qui cherche le grand amour et, comme par hasard, c’est son meilleur ami et grand confident de toujours, qu’elle n’avait jamais remarqué avant, mais qu’elle vient de voir sous un autre œil. Intrigue utilisée des millions de fois.
- Garder l’intérêt du lecteur
- D’abord, le lecteur doit s’intéresser au sort du personnage, qu’il les aime ou non.
Idéalement, essayer d’avoir une idée originale ou un traitement original pour une idée qui l’est moins.
Ensuite, le mieux est d’opter pour la méthode de l’information minimum. Il faut nourrir le lecteur juste assez pour qu’il ne soit pas frustré, mais pas trop, pour qu’il veuille continuer.
- S’inspirer des autres, est-ce bien?
- Difficile, de nos jours,
d’avoir le super sujet original auquel personne n’a songé avant. Il n’est donc
pas péché, jusqu’à un certain point, de s’inspirer de ce que font les autres.
Par exemple : vous pouvez
traiter d’un sujet déjà abordé par un auteur que vous aimez, mais vous
démarquer sur d’autres aspects. Si vos personnages sont radicalement différents,
ou que votre traitement est très distinct, (humoristique vs sérieux) ça donne une
histoire complètement différente. Évidemment, il vaut mieux jouer de subtilité
et ne pas trop s’approcher des intrigues nous ayant inspirés.
- Rien ne doit être gratuit.
- Mais ça ne doit pas être utile
simplement pour le déroulement de l’intrigue. Une scène, par exemple, peut
servir à démontrer les caractéristiques d’un personnage, à imaginer les lieux,
à créer des émotions. Une conversation entre deux personnages sert à donner des
infos sur le contexte et aide à la compréhension des événements. Demandez-vous
toujours à quoi ça sert et où ça mène.
- Le style
- Évidemment, il faut essayer de bien
écrire et il n’est pas péché d’aller chercher dans le dictionnaire des termes
recherchés et de tenter d’améliorer la qualité de notre langue. Mais pas besoin
de se prendre pour Balzac non plus. Évitez les termes trop compliqués et les
tournures de phrases trop complexes juste pour faire beau.
Beaucoup d’auteurs en herbe
utilisent des mots de manière erronée, sans savoir ce qu’ils signifient
vraiment, font des erreurs dans l’utilisation de certaines expressions ou font
tout simplement un mauvais usage de termes ou de formules. Généralement, c’est
parce qu’ils croient avoir une vague idée de la signification, mais n’ont pas
vérifié, l’utilisent de façon approximative ou en ignorent tout simplement le
sens.
Il est bien (et même
recommandé) de chercher à avoir un style élégant et une richesse de
vocabulaire. Mais encore faut-il en faire un usage adéquat et être sûr de ce
que vous écrivez plutôt que de chercher à saupoudrer des mots savants et des
formules compliquées que vous ne comprenez pas. Restez simples dans la mesure
du possible et surtout, soyez clairs.
Attention aux adjectifs et aux adverbes. On a souvent tendance à en mettre trop.
Là aussi, évitez les clichés. Ex :
avoir les cheveux blonds comme du blé
- La publication, quoi savoir
- Familiarisez-vous avec ce qui se publie
et qui publie quoi. Allez dans les librairies, les bibliothèques, les sites des
éditeurs et les salons du livre. Au besoin, appelez les éditeurs directement et
parlez avec eux.
Vous pouvez aussi aller sur le
site de l’ANEL (Association Nationale des Éditeurs de Livres) : www.anel.qc.ca. Pour des conseils pour les
auteurs et du « coaching », vous pouvez rejoindre l’UNEQ (Union des
Écrivains Québécois) : www.uneq.qc.ca.
- Les critères, pour envoyer un manuscrit, sont souvent les mêmes
- Papier, feuille 8 1/2" x 11" (format lettre)
- Dactylographié et imprimé à double interligne, environ 25 lignes/page
- Texte en 12 points, fonte Arial ou Times New Roman
- Si possible, pas recto-verso, uniquement recto
- Corrigez avant de l’envoyer (oui, c’est sérieux…)
- N’oubliez pas de mettre vos coordonnées!
- Finalement, armez-vous de
patience…
- Conseil final
- Surtout, n’ayez pas peur de corriger (et/ou de faire
corriger) votre texte. Mais avant tout, par pitié, apprenez à utiliser le
dictionnaire et la grammaire. N’hésitez pas à jeter un coup d’œil de temps en
temps dans votre dictionnaire, histoire de vérifier l’orthographe d’un mot, son
sens, les locutions dans lesquelles on l’utilise et quel en est l’usage.
N’hésitez pas à plonger dans conjugueur comme le Bescherelle pour vérifier la
conjugaison d’un verbe, l’accord de son participe passé, etc. Les gens ont
énormément de difficultés, lorsqu’ils écrivent, avec l’accord du participe
passé, les adjectifs en —é et avec les verbes du premier groupe (en —er).
N’hésitez pas à investir quelques sous au moins pour
un dictionnaire aussi complet que possible. Voici quelques documents qu’il
serait très utile d’avoir :
- La base
- Dictionnaire (genre Petit Robert) —
idéalement, vous devriez pouvoir y trouver la définition, les différents sens,
le genre de mot (nom, adjectif, verbe transitif, etc.), synonymes.
Dictionnaire des synonymes (Éditions
Robert, Hachette ou le Grand Druide des synonymes, par exemple)
Grammaire
Conjugueur (Bescherelle, Vade-mecum des verbes)
- Complément
- Dictionnaire des anglicismes (Ex. Le Colpron
des éditions Beauchemin)
Le Multidictionnaire de la langue française (Marie-Éva de Villers, Québec-Amérique) — excellent pour vérifier les locutions et les formes fautives d’un mot
Dictionnaire historique de la langue
française, éd. Robert
Si vous avez des sous à investir dans un outil multifonctionnel et que vous n’êtes pas rebuté par l’informatique, il y a le logiciel Antidote RX (Prix régulier : 129,95$ + tx). Cet
outil combine un correcteur, un dictionnaire, une grammaire et un conjugueur. Il
permet de vérifier l’orthographe des mots, la définition, les locutions, les
synonymes et antonymes, les règles de grammaire, la conjugaison des verbes, les
formes fautives (québécismes, régionalismes ou anglicismes, usages vieillis,
etc.). C’est donc un outil très complet.
Suggestion de lecture :
Comment écrire des histoires : guide de
l’explorateur, Élisabeth Vonarburg, Éditions de la lignée
Ecrire de la fiction au Québec : essai, Noël Audet, Québec-Amérique et XYZ
L’ABC de l’écrivain, Nadège Devaux, éditions du CRAM
Site Comment ne pas écrire des histoires —Par Yves Meynard :
http://www.revue-solaris.com/special/cnpedh.htm
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